1. Il est plusieurs choses difficiles en ce monde, parler de ce livre par Maggie Nelson en est une. Le livre est donc son propre objet. C'est-à-dire que le livre est lui-même livre sans vouloir être livre. Il est narration sans vouloir l'être en empruntant codes et esthétique du carnet, du livre de lieux communs (Commonplace book) d'où mon intérêt pour ce livre qui n'est pas un livre qui n'est pas un recueil qui n'est pas de la prose. Le livre est un cabinet de curiosités, au sens littré du terme, d'éléments associés autour de la couleur bleue.
3. Un cabinet donc, de l'intérieur, de l'extérieur. Du va du vient. Pour être vulgaire, du fucking. De ses effets sur l'auteure exprimée au travers de l'obsession du bleu. Du bleu matériel, du bleu spirituel. Tous les bleus. Le bleu phénomène, le bleu matière, le bleu expérience.
4. Entrelacé dans notes et les observations du bleu, se tisse, malgré l'autrice, on le sens bien, une histoire, un épiphénomène du désir central dirait Duras. L'auteure fut fucked et l'absence de fucking —faute d'autre substantif pour qualifier cette relation— rend l'autrice misérable, rend l'autrice bleue
5. Mais elle a toujours été bleue (entreprends-t-elle à nous expliquer dans tous les détails minutieux que requiert l'opération de collection des bleus)
6. Donc cette obsession du bleu commence lentement et deviens personnel. Et le livre, qui n'est pas un livre, qui n'est pas un recueil, qui n'est pas un roman, qui est un livre prend cette courbe narrative (si narration il y a mais je crois que oui.)
[...]
64. Les petites choses bleues colligés avec les souvenirs bleus, mais toujours des choses données, des choses trouvées. Dans l'acte de colligé, dans le choix lui-même de quoi dire, comment dire, le pour quoi dire transparaît comme une évidence. Le bleu estl'amour —le fucking— perdu.
[...]
79. Commence ainsi le renoncement du bleu
[...]
82. Tout est explicité, tout est extériorisé mais tout est laissé dans une pudeur académique, presque clinique. Sauf quand surgit les coeurs jaunes, métaphore pour les moments d'égarements.
83. L'on parle de ce livre —etc.— comme un précurseur de cette prose poétique, du recueil, qui n'est pas un roman qui n'est pas une histoire qui est une collection de fragments. Or, l'autrice énonce son inspiration. Sei Shonagon fait dire merci depuis son chevet il y a quelques milles ans. Et c'est très beau de revoir cette forme renouvelée. Sei Shonagon était courtisane dans la cours de l'impératrice du japon sous l'ère Heian (794-–1185). Or outre vaquer à ses occupations de courtisanes, Mlle Shonagon s'adonnait à l'écriture de poèmes, de maximes, de scènes du quotidiens. Tous autant de morceaux qui s'articulent autour de la vie à la cours, ses moeurs, ses petits émois, ses petites choses. Dans ces confessions sur l'oreiller, Sei Shonagon comme Maggie Nelson n'épargnent rien, tout est dit sauf du doute de propre pensée. La posture est celle, ferme —affirmée—, de la femme désirante. Le désir de bleu est un désir de l'Autre qui rejette et Bluet deviens, comme les billet de Shonagon, un feuilleton de surmonter cette absence.
84. Écrivant ceci, j'écoutais cette liste de lecture
2. And so I fell in love with a color —in this case, the color blue— as if falling under a spell, a spell I fought to stay under and get from under, in turns †Maggie NELSON, Bluets, Wave books, États-unis 9781933517407, 2009, p.2
3. Un cabinet donc, de l'intérieur, de l'extérieur. Du va du vient. Pour être vulgaire, du fucking. De ses effets sur l'auteure exprimée au travers de l'obsession du bleu. Du bleu matériel, du bleu spirituel. Tous les bleus. Le bleu phénomène, le bleu matière, le bleu expérience.
4. Entrelacé dans notes et les observations du bleu, se tisse, malgré l'autrice, on le sens bien, une histoire, un épiphénomène du désir central dirait Duras. L'auteure fut fucked et l'absence de fucking —faute d'autre substantif pour qualifier cette relation— rend l'autrice misérable, rend l'autrice bleue
5. Mais elle a toujours été bleue (entreprends-t-elle à nous expliquer dans tous les détails minutieux que requiert l'opération de collection des bleus)
6. Donc cette obsession du bleu commence lentement et deviens personnel. Et le livre, qui n'est pas un livre, qui n'est pas un recueil, qui n'est pas un roman, qui est un livre prend cette courbe narrative (si narration il y a mais je crois que oui.)
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63. Generally speaking i do not hunt blue things down, nor do I pay for them. The blue things I treasure are gifts, or surprise in the landscape. The rocks I dug up this summer in the north country, for example , each one mysteriously painted round its belly with a bright blue band. The little square junk of navy blue dye you brought me long ago, when we barely knew each other, folded neatly into a paper wrapper. †ibid p.25
64. Les petites choses bleues colligés avec les souvenirs bleus, mais toujours des choses données, des choses trouvées. Dans l'acte de colligé, dans le choix lui-même de quoi dire, comment dire, le pour quoi dire transparaît comme une évidence. Le bleu est
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78. Once I travelled to the Tate in London to see the blue paintings of Yves Klein, who invented and patented his own shade of ultramarine, International Klein Blue (IKB) [...] I wrote but one phrase in my notebook: too much. I had come all this way, and i could barely look. Perhaps I had inadvertently brushed up against the Buddhist axiom, that enlightenment is the ultimate disappointment †ibid p.30
79. Commence ainsi le renoncement du bleu
[...]
81. What I know: when i met you, a blue rush began. I want you to know, I no longer hold you responsible. †ibid p.31
82. Tout est explicité, tout est extériorisé mais tout est laissé dans une pudeur académique, presque clinique. Sauf quand surgit les coeurs jaunes, métaphore pour les moments d'égarements.
83. L'on parle de ce livre —etc.— comme un précurseur de cette prose poétique, du recueil, qui n'est pas un roman qui n'est pas une histoire qui est une collection de fragments. Or, l'autrice énonce son inspiration. Sei Shonagon fait dire merci depuis son chevet il y a quelques milles ans. Et c'est très beau de revoir cette forme renouvelée. Sei Shonagon était courtisane dans la cours de l'impératrice du japon sous l'ère Heian (794-–1185). Or outre vaquer à ses occupations de courtisanes, Mlle Shonagon s'adonnait à l'écriture de poèmes, de maximes, de scènes du quotidiens. Tous autant de morceaux qui s'articulent autour de la vie à la cours, ses moeurs, ses petits émois, ses petites choses. Dans ces confessions sur l'oreiller, Sei Shonagon comme Maggie Nelson n'épargnent rien, tout est dit sauf du doute de propre pensée. La posture est celle, ferme —affirmée—, de la femme désirante. Le désir de bleu est un désir de l'Autre qui rejette et Bluet deviens, comme les billet de Shonagon, un feuilleton de surmonter cette absence.
84. Écrivant ceci, j'écoutais cette liste de lecture
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